AccueilLogistiqueEntrepôts : comment les industriels canadiens séparent désormais piétons et chariots élévateurs

Entrepôts : comment les industriels canadiens séparent désormais piétons et chariots élévateurs

Pendant longtemps, la sécurité dans un entrepôt québécois tenait en trois éléments : une ligne jaune peinte au sol, un miroir convexe au bout des allées et un rappel affiché près de la pointeuse. Ce modèle s’essouffle. Les centres de distribution grossissent, les cadences augmentent avec le commerce en ligne, et les chariots élévateurs partagent […]

Pendant longtemps, la sécurité dans un entrepôt québécois tenait en trois éléments : une ligne jaune peinte au sol, un miroir convexe au bout des allées et un rappel affiché près de la pointeuse. Ce modèle s’essouffle. Les centres de distribution grossissent, les cadences augmentent avec le commerce en ligne, et les chariots élévateurs partagent l’espace avec un nombre croissant de préparateurs de commandes, de sous-traitants et d’employés temporaires qui connaissent mal les lieux.

Résultat : de plus en plus d’industriels canadiens revoient la façon dont ils séparent les piétons des engins. Et le mouvement dépasse largement la simple mise en conformité.

Un cadre plus exigeant depuis la réforme de 2021

Au Québec, la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail, adoptée en 2021, a élargi les obligations de prévention des employeurs, qui doivent identifier les risques de leurs établissements et démontrer comment ils les maîtrisent. La CNESST encadre aussi la conduite des chariots élévateurs, avec une exigence de formation des caristes. Dans les faits, l’inspecteur qui visite un entrepôt ne se contente plus de vérifier qu’une formation a été suivie. Il regarde les croisements, les angles morts et la manière dont la circulation est organisée.

C’est là que le marché des équipements a changé de visage. Des distributeurs spécialisés comme proxsecur.ca, installé au Québec et rattaché au groupe Canado-Nacan, proposent désormais des aménagements complets plutôt que des produits isolés : barrières, bollards, signalisation lumineuse et visite du site pour cartographier les zones de conflit.

Des barrières qui absorbent au lieu de casser

Premier changement visible : le passage de la glissière en acier au polymère. Les barrières de fabricants comme le britannique A-SAFE fléchissent sous l’impact puis reprennent leur forme. Pour un gestionnaire d’entrepôt, la différence est concrète. Un garde-corps en acier tordu par un chariot doit être remplacé, et la dalle de béton qui le retient est souvent fissurée au passage. Une barrière qui encaisse le choc protège le piéton, le chariot et le plancher en même temps.

Ces équipements servent aussi à dessiner physiquement les allées piétonnes, les zones de quai et les abords des palettiers, là où un simple marquage au sol finit par s’effacer sous les roues.

La lumière comme signal d’approche

Deuxième tendance : la projection lumineuse. Le fabricant torontois Laserglow a popularisé des projecteurs montés sur les chariots ou au plafond qui dessinent au sol une ligne, une flèche ou un point de couleur devant l’engin. Dans une allée bruyante, où l’avertisseur sonore se perd au milieu des autres bips, un piéton voit arriver la tache lumineuse avant d’apercevoir le chariot. Aux intersections aveugles, le principe est le même : le signal précède le véhicule.

L’intérêt pour les exploitants est double. Ces dispositifs se greffent sur une flotte existante, sans refaire l’aménagement, et ils s’adressent aussi aux personnes qui ne connaissent pas les règles internes du site, comme les chauffeurs de transporteurs ou les intérimaires.

La visite de site avant l’achat

Troisième évolution, moins spectaculaire mais décisive : l’audit préalable. Plutôt que d’installer des barrières là où il reste de la place, les entreprises font d’abord relever les trajets réels des chariots et des piétons, les zones où ils se croisent et les endroits où les employés coupent au plus court. Le plan de protection découle de ces observations. C’est souvent à ce moment qu’apparaissent les risques que personne ne voyait plus, comme une porte de salle de pause qui s’ouvre directement sur une allée de circulation.

Un enjeu qui dépasse le Québec

Selon l’Organisation internationale du Travail, environ 374 millions d’accidents du travail non mortels surviennent chaque année dans le monde. La logistique, avec ses engins lourds et ses espaces partagés, figure parmi les secteurs où la marge de progrès reste importante. Pour les entreprises québécoises, la question n’est plus de savoir s’il faut séparer piétons et chariots, mais comment le faire sans ralentir les opérations. Les solutions physiques et lumineuses qui arrivent sur le marché répondent justement à cette double contrainte.

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Louis Parmentier
Fondateur et rédacteur en chef de Societe.Tech : le média sur l’actualité des entreprises françaises en régions ! Diplômé d'HEC Paris et ancien membre de l'incubateur de l'école, j'ai créé plusieurs startups dans le web, les médias et la culture. Passionné par le journalisme, j'ai lancé Societe.Tech en 2015 afin de suivre l'actualité des entreprises et des logiciels SaaS. Je publie des articles ainsi que des interviews sur les entrepreneurs et sur les éditeurs de logiciels.

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